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  • : "Dans le vent du Sahara" est un livre décrivant l'aventure étonnante de quelques voyageurs hors du commun: une traversée du Sahara mauritanien en char à voile...

Dans le vent du Sahara

Textes: Christophe de Vallambras

Photos: Jean-Pierre Lenfant

(Tous droits réservés)

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Pendant leur périple, les concurrents ont tout loisir de choisir leur itinéraire. Il y a bien quelques points de passage obligatoires, précisés dans le road-book, mais chacun est libre des options qu’il juge les meilleurs. Cela fait partie intégrante de la compétition. Un bon navigateur est aussi avantagé ici, qu’un bon technicien, ou qu’une force de la nature à la condition physique irréprochable.

 

mauritanie-12-4.jpg Le GPS donne la position, la distance restant à parcourir. « Combien de temps alors ? » Impossible à dire, « Inch’Allah ». Les cartes sont relativement précises, mais le désert n’a rien d’un ingénieur méticuleux et soumis. Aujourd’hui ça passe, mais demain ? On verra bien. En attendant l’information est essentielle et la technologie précieuse pour chacun. Quelques degrés, quelques minutes, une poignée de secondes inscrites sur un écran, pour ne pas être perdu.

A des milliers de kilomètres, les satellites apportent une sorte de réconfort que je ressens presque un peu mystique. Je me dis qu’ils relativisent le sentiment d’oubli de ces naufragés du désert. De là-haut, ils voient tout. Le bivouac, avec son petit feu de camp qui réchauffe quand la nuit glace les os; le piton rocheux au loin, amer des sables, repère rassurant ;  un passage, peut-être roulant … et l’arrivée bien sûr, « il y a donc bien un horizon à ce désert ».

Quelle étrange affection peut naître pour ces machines qui nous suivent des yeux, fidèles et efficaces.

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Malgré la technique les concurrents doivent prendre des options de trajet, en espérant un peu d’indulgence et de réussite. Il y a des pistes, ici ou là. Certaines sont vraiment étonnantes qui traversent les plaines les plus sableuses du Sahara. Pas de balises, même pas un seul passage, un tant soit peu aménagé. Non. La piste, c’est une direction, l’empreinte commune des voyageurs successifs. Chacun sa trace dans le désert. On en croise, on en perd, on en trouve. Toutes arrivent au même endroit. Une multitude de volontés, de choix, et le même objectif. C’est peut-être une forme de ce que l’on appelle la solidarité du désert.

 

mauritanie-7-5.jpg  « Il y a une route (LA route), me confie un concurrent. Elle est là, elle conduit droit au but, il faut tâtonner pour la trouver, mais elle est là, elle existe. Le problème c’est que même en revenant plusieurs années de suite, elle reste secrète. Le Sahara brouille les cartes, le vent remodèle tout d’année en année, de jour en jour. »

Et les options les plus prometteuses s’avèrent trop souvent les moins payantes. Et que d’heures perdues quand le char qu’il faut tracter, extirper de ces passages maudits écorche les épaules et  torture le dos. Et puis il y a la crainte d’une erreur aux conséquences trop lourdes, qui trouble la pertinence des décisions. Le passage est forcément le bon. Mais comment être sûr que le vent sera suffisant pour rouler sur ce terrain mou, comment être sûr que la plaine d’herbe à chameaux n’est pas plus vaste et plus épaisse que prévue ? Avec la fatigue, la hardiesse disparaît bien souvent et les pistes un tant soit peu cartographiées semblent finalement les options les plus tentantes.  mauritanie-8-9.jpg

Respecter le désert, se plier à ses lois, et il sera magnanime. Il nous contraint à ses règles, accable, oppresse, mais il nous offre ses trésors aussi, nous récompense et partage. Le maître des lieux est un ennemi puissant et un ami intime.

 

Le jour se lève sur le bivouac. La fraîcheur matinale est comme un quartier libre, une permission de vivre un peu. On en profite, et on remercie, car on le sait désormais : il ne faut pas lutter contre le désert.mauritanie-7-1.jpg

« Accepter ce qu’il nous donne, ce qu’il nous refuse aussi. » Mais accepter. En fin de matinée, la chaleur se fait déjà écrasante, il se rappelle à nous : je suis le maître ici, je ne fais que vous tolérer. Le chèche bien enroulé autour de la tête prolonge un peu la permission, mais personne n’est dupe. Le début d’après-midi nous assomme. La canicule, harassante, le soleil… Le Sahara reprend ses droits.

 

Nos corps ne sont pas habitués à de telles chaleurs, le médecin de la course m’explique les risques qui en résultent pour les concurrents, durement éprouvés par les efforts qu’ils déploient dans cette chaudière naturelle : « Ils risquent l’hyperthermie maligne de l’effort à tout moment, le coup de chaleur, une déshydratation aigue. Et les chiffres sont parlants. Dans le désert, pendant l’effort, les concurrents peuvent perdre entre 3 et 4 litres d’eau à l’heure.L’hydratation de la muqueuse intestinale se régénère naturellement à hauteur d’un litre et demi à l’heure. Ici, ils doivent donc boire régulièrement et abondamment, 8 à 10 litres par jour. De l’eau légèrement salée si possible, qui demeurera plus longtemps dans l’organisme. Le problème, c’est qu’avec 40°C à l’ombre et un taux d’hygrométrie inférieur à 3 % , le corps n’arrive pas à éliminer la chaleur accumulée pendant la journée. L’idéal, dans ces conditions, serait de boire un maximum d’eau pendant la nuit, quand il fait le plus frais. »  mauritanie-13-10.jpg Et un concurrent me confirme le calvaire enduré : « Je suis constamment déshydraté et je ne supporte plus de boire de l’eau, toujours trop chaude. Je me désaltère avec des potages salés. »

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Alors comment tenir ? « Les gens d’ici sont rudes, me confie un autre concurrent. Si tu veux venir ici, si tu veux vivre ici, il faut faire comme eux, il faut être comme eux. » Car les habitants du Sahara ont trouvé des bribes de solutions, avec le désert, jamais contre lui.

mauritanie-10-1.jpg La Khaïma, par exemple, toile salvatrice, ombre salvatrice, qui laisse entrer le vent, le canalise, comme un précieux cadeau. L’ensemble autorise un placebo de fraîcheur, et on ne refuse pas un présent. Ce serait impoli, et il n’est pas question de heurter la sensibilité du maître des lieux, en se risquant en plein soleil par exemple. Alors on reste là. Un thé. Un peu de repos. En attendant l’autorisation de ressortir.

Nous ne sommes pas prisonniers, nous sommes juste contraints au respect de règles de courtoisie, comme dans toute réunion entre amis, et on sourit, par politesse, façade de rigueur.

mauritanie-8-7.jpg Sauf qu’ici, l’hôte, le désert, est finalement en nous. Une expérience quasi métaphysique de personnalisation de ce lieu. On en parle tous ensemble, mais chacun le ressent à sa manière : ami intime ou ennemi, pas de demi-mesure.

Le soir venu, il nous accorde le plus beau de tous ses cadeaux. Il se dévoile. « Venez voir ! » Le soleil se retire et nous offre un peu de fraîcheur, comme une invitation à sortir admirer sa plus belle lumière. Le désert nous montre sa splendeur : ses collines rocheuses découpées, flamboyantes, ses dunes douces et apaisantes… Peut-être voulait-il protéger ça, ce midi. Peut-être nous accorde-t-il un peu de ce qu’il a de meilleur, de ce qui fait de lui un tel souverain pour que l’on comprenne, et qu’on le respecte.

Survivre dans le désert, c’est accepter ce qu’il nous donne. Mais nous ? Que lui offrons nous en retour ? Le respect ! Cela lui suffit semble-t-il. Après tout, un Dieu est un Dieu parce qu’il y a des hommes pour le louer. mauritanie-11-4.jpg

« C’est la tête qui fait avancer. Quand le corps n’en peut plus c’est la volonté qui commande de continuer, confie un concurrent. »

« Marche en avant de toi-même, comme le premier chameau de la caravane, répond le proverbe nomade. »

Dans le Sahara, il y a une tradition incontournable, aussi agréable que salvatrice, mais surtout la marque fondamentale de l’hospitalité dans le désert : le thé. mauritanie-8-1.jpgUn instant d’ombre pour se reposer et l’eau chauffe immédiatement dans les petites bouilloires métalliques. La théière s’élève et déverse en une fine cascade la promesse de quelques menues gorgées de plaisir. Les mains agiles font passer le thé de verre en verre, pour qu’il se mélange en une épaisse écume sucrée et prenne toute sa saveur. De tout petits verres, mais il y en aura trois. Il faut boire très chaud, le temps que tout le monde termine, le reste de la théière demeure près de la braise.

Trois verres, trois thés, et toute une symbolique ancestrale, une règle inaliénable de la courtoisie saharienne. Le premier thé est très peu sucré, pas de menthe encore, et toute l’âpreté de l’infusion : « dur comme la vie » évoque la tradition. Pour le second verre, en ajoutant de l’eau , l’infusion se fait déjà moins forte et on rajoute du sucre dans la bouilloire, la menthe aussi: le second thé est « doux… comme l’amour ». Dans la théière, l’infusion du troisième verre est encore plus douce. De nouveau on rajoute du sucre, ce thé la est particulièrement « suave… comme la mort. »

  mauritanie-12-7.jpg « C’est un peu la métaphore de ce raid, me souffle l’un des organisateur.La première édition a été une découverte, avec tout ce que cela implique de difficultés de mise en place, de réflexes que les concurrents ont dû acquérir ,« dure comme la vie ». Puis il y eu le second raid, avec ce premier record à Nouakchott, « doux comme l’amour », et un troisième, « suave comme la mort » avec de nouveau une arrivée à Nouakchott, une course serrée, mais aussi toute la souffrance des concurrents. »

mauritanie-4-9.jpg La souffrance. Quand l’effort confine à une folle obstination, dans la chaleur, la brutalité des engins, la « pétole » aussi : pas le moindre souffle d’air qui pourrait donner vie au char, ou au moins soulager les épaules meurtries par ce boulet qu’il faut tracter à force d’homme pour ne pas perdre trop de temps.

« C’est la tête qui les fait avancer, me confie un membre de l’équipe.J’ai vu des concurrents au bord des larmes. La fatigue, la douleur, le corps et l’esprit qui n’en peuvent plus, et la volonté qui commande de continuer. » La chaleur, les efforts démesurés pour tirer les engins quand le vent leur refuse son aide, ou pour les contrôler sur ce terrain hostile quand il faut profiter de la brise et avancer tant qu’il est possible. 

mauritanie-13-3.jpg Les concurrents souffrent, chaque jour un peu plus, mais poursuivent leur route. Ce raid est la plus technique, la plus longue, la plus éprouvante épreuve jamais organisée avec des engins roulant mus par le vent. Et plus que contre l’environnement ou le chronomètre, c’est contre eux-mêmes que les concurrents se battent. «Tu es seul, avec le désert, tu as une bulle autour de toi, m’explique un concurrent. Tu espères : du vent, un passage roulant, tu dois écouter le désert, attendre son autorisation, il faut qu’il t’accepte. Tu t’épuises rapidement à lutter contre lui, alors tu penses t’arrêter pour attendre son cadeau, le vent surtout, que tu devras exploiter, comme tu dois exploiter toute la quintessence du désert. Tu ne veux plus avancer, plus tirer ton char, plus supporter les chocs… Mais il y a le chrono, tu repars, la course est ton repère. » mauritanie-4-7.jpg

Quelqu’un a crié. Ça court très vite à travers le bivouac. Personne ne plaisante. Maudites bestioles qui pullulent dans ce pays. Ce soir le guide dormira dans la voiture. Moi aussi.

 

mauritanie-9-51.jpg Ça a bougé ! Ça avait la couleur du sable. Ça aurait pu passer inaperçu, mais sur la natte bleue, quelqu’un l’a vu. Alors il a crié, pour alerter et on s’est écarté, vivement. Du coup, ça a pris peur, ça s’est mis à courir dans tous les sens. Incroyable vivacité. Admirable.

 

Ça venait des herbes à chameaux toutes proches. De longues tiges d’herbes, qui capturent à leurs bases le sable porté par le vent. De grosses touffes d’herbes, de grosses mottes de sables. Un paradis pour les bestioles. Ombre, coins, recoins. Les carnassières peuvent se dévorer entre elles. Leur paradis.

 

mauritanie-9-4.jpg Les chameaux, eux, se contentent de brouter l’herbe, d’où le nom. Ils sont là, en petits troupeaux, en attendant le chamelier qui passe de temps en temps. Ils ne sont pas farouches. Si les 4X4 ne foncent pas exactement sur eux, ils ne bougent pas. Ça leur donne un air fier, monarchique.mauritanie-5-5.jpg

Les ânes non plus ne sont pas effrayés. Ils sont moins nombreux à pâturer. À peine nés, ils servent de moyen de locomotion dans les villages ou dans les villes, tirant de petites charrettes, ventre à terre sous les coups de bâtons. Dans le désert, on leur entrave les antérieurs pour qu’ils ne s’enfuient pas. Souvent, ils sont avec les troupeaux de chèvres. L’espèce à la mode. Ça se nourrit de rien et ça rapporte gros.

 

mauritanie-9-1.jpg Mais près des plaines d’herbe à chameaux, il y a aussi, surtout, les « bestioles », qui peuvent parfois s’avérer dangereuses. Pas tellement de vipères à cornes, elles préfèrent les dunes en plein soleil. Nous y en avons croisé les traces. Elles s’enfouissent dans le sable pour guetter les gerboises, les petits oiseaux, éventuellement un mollet trop agressif. Elles sont mortelles pour l’homme, à priori en tout cas. Car dans la réalité, il est bien rare que la vipère injecte assez de venin pour qu’une proie trop grande pour être avalée y succombe. Simple principe de précaution. A quoi bon gaspiller une arme qui, plus encore que le seul argument létal du serpent est aussi son seul moyen de subsister ? Qu’une gerboise passe à proximité avant que la vipère n’ai reconstitué ses réserves de venin et c’est une opportunité de se nourrir qui s’échappe, et dans le Sahara, il ne faut pas laisser passer une opportunité de reprendre des forces, c’est une question de survie. mauritanie-9-2.jpg

En revanche, il y a des scorpions, dès qu’ils trouvent quelques pierres pour se loger. On peut régulièrement en récupérer sous les nattes au petit matin. Ils cherchaient un peu d’humidité condensée par la fraîcheur nocturne.

 

« Un scorpion ! ! ! », s’est donc écrié quelqu’un en voyant « ça ». Mais ça courrait trop vite pour être un scorpion, et surtout, ça a bondi. Peut-être 50 cm. Là on ne plaisante plus du tout : une pierre, bien visé, mais ça bouge encore. Un coup de talon. Courageux. Un deuxième. C’est fini. C’est mort. Une araignée. Une variété de tarentule. Mortelle ? « Elle a l’air. » Le guide dormira dans la voiture. Moi aussi.

Ils n’ont quasiment rien, perdus quelque part, un lieu de vie improbable. Elle nous offre du lait, de l’eau si on veut. Il y a dans le désert une nécessaire tradition d’hospitalité qui confine à la solidarité. mauritanie-6-6.jpg

Sur la piste, nous croisons un campement Sahraoui. Ils ont fui le chaos militaro-politique du Sahara Occidental. En Novembre 1960, la Mauritanie qui vient d’accéder à l’indépendance entre déjà en résistance. Le partage de l’ex-Maroc espagnol aiguise les convoitises. Les nationalistes marocains rêvent d’un « grand Maroc » allant jusqu’à intégrer le tout jeune pays voisin. Les Sahraouies, qui peuplaient cette zone et leur émanation politique, le « Front Polisario » exercent également une pression constante sur la Mauritanie qui peut prétendre à une part. Le conflit s’engage et s’ensable, notamment au nord ouest du pays à la frontière contestée. Guerre de territoire et d’honneur, qui a pourri pendant deux décennies d’affrontements, de batailles perdues et de victoires éphémères. Des morts, des blessés, des orphelins. Certains de nos lieux de bivouac conservaient, avec ces tapis de douilles ensablées, les vestiges de toutes les cartouches sacrifiées pour maintenir un rythme sordide à ces combats devenus une mécanique morbide, les « trois huit de la guerre », jour après jour, mois après mois, qui ont contribué à ruiner le pays. mauritanie-11-3.jpg

Nous nous arrêtons. Quelques secondes et la femme sort de la Khaïma. Les enfants ne courent pas. Ils restent un peu en retrait. Tout juste osent-ils lever la tête vers nous. Elle a une calebasse dans les mains « Z’Rig. » Du lait de chameau.  mauritanie-10-5.jpg Il faut en boire, même un peu, respecter l’hospitalité. C’est rassurant l’hospitalité, dans le désert, nous ne sommes peut-être pas complètement perdus dans cette immensité. Ils ont un puit près du campement. Nous pouvons prendre de l’eau. Merci, nous en avons. Les enfants se dérident et acceptent nos gâteaux, la femme une fiole de collyre pour ses yeux agressés, depuis des années, par le sable.

Nous repartons. Nous savons qu’ici, désormais, l’ombre de la Khaïma pourra nous apaiser.

mauritanie-10-7.jpg Partout à mes yeux dans le désert, la précarité. Dans les villages, dans ces campements, perdus au milieu de rien. Je ne pourrais pas y vivre. Mais ils ont quelque chose que je n’ai pas : ils savent la valeur des petites choses, des choses simples, de la nécessité de vivre avec les gens. Personne n’oublie la difficulté de vivre ici, la précarité des biens. En plein désert, un minimum de solidarité est incontournable : on accueille, on échange. Ces petites choses, précieuses ici, un peu d’eau, un peu d’ombre, quelques paroles. Les hommes survivent ensemble dans le désert. Il y a ici une tradition d’hospitalité qui confine à la solidarité, bien au-delà de la simple courtoisie.  Dans un village « isolé » (si tant est que l’évocation de cette notion puisse fidèlement retranscrire la réalité du Sahara à l’esprit de celui qui ne l’a jamais traversé), par exemple, le maçon paye le garagiste pour sa roue, qui paye l’épicière pour son thé, qui paye le maçon pour son mur… Une organisation économique à laquelle viennent se greffer les touristes, avec leurs billets, les échanges commerciaux avec les villes voisines… mais qui reste à échelle humaine. mauritanie-10-6.jpg

Je rentrerai sans plus d’argent, mais un peu plus riche.

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